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Question d’histoire

Pouvoirs d’influence et administrations de l’État sous Charles X Histoire d’un échec : Le canal de Brissac 1826 – 1830

 

Société d’histoire de Brissac et de Quincé

Pouvoirs d’influence et administrations de l’État sous Charles X Histoire d’un échec : Le canal de Brissac
1826 – 1830

La France de la Restauration (1815- 1830) connaît la prospérité, voies de communication et industrie moderne transforment le pays1. Augustin-Timoléon de Cossé inscrit sa vie dans ce mouvement d’enrichissement économique de la nation transformée par la Révolution et l’Empire.

Ses deux préfectures sous l’Empire (préfet de Marengo en 1809, puis de Dijon 1812) lui ont donné sans doute le goût de l’administration des territoires. En 1826, il décide de promouvoir un vaste développement de Brissac dont la position a beaucoup décru depuis la Révolution au profit de Thouarcé. Son projet est d’agrandir la ville, de créer deux nouveaux quartiers de commerce, d’affaires et d’industrie, et de les relier au centre historique.

Pour obtenir ce développement, le duc de Brissac met tout en œuvre pour réaliser un canal passant par Brissac, canal latéral à la Loire depuis Saint-Rémy jusqu’à l’embouchure de l’Aubance. Il cherche ainsi à attirer vers Brissac une partie du trafic de la Loire et les marchandises de tout le pays englobant Vihiers, Chemillé et Doué.

Augustin-Timoléon de Cossé (site du Sénat)

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1 Duc de Brissac, Les Brissac et l’Histoire, 1973, p. 303.

 Le château de Brissac serait ainsi le cœur d’une nouvelle cité vitalisée par le canal, un port de marchandises et un site d’entrepôts, cité nouvelle alliant quartiers anciens et urbanisme moderne.
Le projet de Timoléon de Cossé, en 1826, s’inscrit dans une logique de transformation de Brissac et de Quincé qu’il conduit depuis la période impériale, bousculant si besoin l’autorité municipale (mais le maire, jusqu’en 1815, René Bascher, est aussi intendant du duché, un cas avéré de conflit d’intérêt…) et les ingénieurs des Ponts-et-Chaussées. Il fait construire l’aqueduc voûté (appelé aujourd’hui bief) en 1803, détruire la chaussée qui retenait jusqu’en 1785 l’eau du Grand-Étang de Brissac et qui portait la grande route Angers – Doué. En 1803 encore, il inaugure le Petit-Château construit en lieu et place de l’ancienne Capitainerie détruite2. Détruites aussi les vieilles murailles médiévales clôturant la grande cour du château, disparu le haut pont-levis qui conduisait de cette cour à l’ancienne aumônerie Saint-Martin, bientôt rebâtie pour abriter le palais de justice (aujourd’hui l’Office du Tourisme). Surtout il transforme la traversée de Brissac en construisant (à ses frais) la nouvelle route et le pont (alors en bois) sur l’Aubance en bas de Quincé (actuelle rue Moron) et en écrêtant le talus du Tertre pour y dessiner les lacets que nous connaissons. Il faudrait ajouter le Mausolée dans le parc, le creusement du nouveau tracé de l’Aubance autour du château pour empêcher les eaux de refluer vers l’ancien étang et de ruiner les cultures, la belle construction de la ferme de l’étang (1809 – 1810) …

La série S (Travaux publics et transports) des archives départementales et le fonds du duché de Brissac 188 J (fond privé) gardent une abondante documentation concernant le projet du duc de Brissac3.
Jusqu’alors, toutes ses entreprises avaient été couronnées de succès. Mais fallait-il en 1826 se lancer dans la construction coûteuse (plus de deux millions de francs) d’un canal latéral à la Loire ?

 

Marcel Grandière – Bernard Faure

Juillet 2021

 

Pouvoirs d’influence et administrations de l’État sous Charles X Histoire d’un échec : Le canal de Brissac 1826 – 1830