L’aménagement du territoire par les Ponts-et-Chaussées au début du XIXe La réalisation de la traverse de Brissac 1800 - 1825


Société d’Histoire de Brissac et de Quincé

 

L’aménagement du territoire par les Ponts-et-Chaussées au début du XIXeLa réalisation de la traverse de Brissac
1800 – 1825

L’histoire de la « traverse » de Brissac n’est qu’un indice d’un mouvement national d’une grande ampleur sous l’Empire et la Restauration : L’État cherche à créer des voies de communication sur tout le territoire pour intensifier les échanges et créer des richesses. « Le XIXe siècle s’annonce comme le siècle des routes, des ponts et des canaux1. » Toute entrave au mouvement, à la circulation est vue comme nuisible à la société, de même que les routines et les préjugés dans l’ordre philosophique.

Deux acteurs principaux cherchent à détruire l’obstacle que constitue Brissac sur l’axe qui va de Montreuil-Bellay à Angers : Augustin-Timoléon de Cossé, nouveau propriétaire de la Terre de Brissac2, et l’administration d’État représentée par les Ponts-et-Chaussées et la préfecture3. Une intense relation d’influence se noue entre ces deux puissances où se mêlent l’intérêt public, l’aménagement du territoire et aussi la recherche de bénéfices privés.

Quel est le problème ?

Il est très difficile de traverser Brissac. Le site a d’ailleurs été choisi pour cela : protéger le comté d’Anjou des menaces provenant du Poitou et d’Aquitaine, bloquer le passage aux envahisseurs se dirigeant vers Angers, laquelle se protégeait aussi derrière un rideau de forêts qui entouraient la ville du côté du sud. Selon l’hypothèse communément admise, c’est Foulques Nerra4 qui ch
oisit l’endroit comme site de défense en s’appuyant sur deux éléments principaux : l’eau, et le plateau niché au-dessus de l’Aubance. Il fit bâtir un château entouré d’eau et de marécages5, sauf sur le flanc nord où une profonde échancrure le sépare de la colline de Brissac. Celle-ci est protégée d’abrupts sur trois côtés et d’une muraille au nord, appelée cloison, elle-même défendue par une douve (une « doue ») dont témoigne la rue de l’Yser appelée « rue de la douve » jusqu’à la Grande Guerre6.

La dernière reconstruction du château entre 1607 et 16207 n’a pas remis en cause l’optique primitive : rendre difficile la traversée de Brissac. En témoigne le beau dessin du château et de la ville par Louis Boudan8 à la fin du XVIIe siècle, selon les deux extraits ci-dessous : le grand chemin du roi (Angers-Doué) passe dans la profonde tranchée évoquée ci-dessus, avec, d’un côté, le fossé du château et les murs surmontés des grange et écuries, de l’autre, l’abrupt du coteau dominé par le clocher de l’aumônerie Saint-Martin (sur l’emplacement actuel de l’Office du tourisme). Le haut pont levis9, au-dessus de la route, donnait sur un sentier qui permettait d’aller de la grande cour castrale (cachée sur le dessin par les écuries et le château) à la place où se tenait le marché aux porcs (au pied de la première rangée de maisons, dont l’auberge de la Tête-Noire, à l’angle), puis au Minage.

Une fois passées sous le pont levis, les voitures venant de Doué arrivaient à l’Aubance (le Pont- des-Planches estbien représenté) ; c’est ici que se trouvait l’obstacle principal, la montée vers le plateau, quelque vingt mètres plus haut. La première option qu’indique le dessin de 1695, la montée directe vers l’auberge de la Tête-Noire, parait quasiment impossible (et la descente plus périlleuse encore). La deuxième possibilité était de suivre le chemin par la fontaine de Rollée pour joindre la Grande Rue de Brissac non loin de l’église paroissiale. La manœuvre était de toute façon risquée.

Marcel Grandière

Octobre 2021

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